Le jour où j’ai rencontré un producteur ambitieux mais un peu trouillard…

Il y a quelques années, un jeune producteur me contactait sur LinkedIn pour faire appel à mes services en stratégie de communication. Il avait l’ambition d’organiser le plus grand concert de gospel de Noël à Paris. Il avait booké le Trianon (plus de 1000 places) et les artistes répétaient depuis plusieurs mois.

La stratégie de communication ? Il venait juste d’y penser..à trois mois de l’évènement. N’ayant pas peur des défis, je refusais d’écouter mon intuition qui me disait de ne pas collaborer avec lui, je me lançais dans ce projet. Je n’avais encore jamais géré la communication d’un évènement de cette envergure sur un délai aussi court, il me fallait un binôme au vu de la charge de travail.

J’ai donc fait appel à une amie communicante avec qui j’avais déjà travaillé et qui possédait des compétences complémentaires aux miennes. Ensemble, nous avons donc :

  1. monté la stratégie de communication en prenant en compte le budget limité du client : ici, les relations presse étaient au cœur de notre stratégie.
  2. mis en place un calendrier des actions avant, pendant et après évènement
  3. monté un dossier de partenariat (sponsoring) 
  4. passé des coups de fil, envoyé des e-mail, conçu les outils de communication visuel (affiches, flyers, etc…)
  5. Et j’en passe !

Notre dossier de partenariat avait obtenu une réponse encourageante de RTL2 et TF1, ce qui nous avait donné suffisamment d’ailes pour trouver d’autres opportunités. C’est ainsi que nous avons été mis en contact avec la miss météo du Grand Journal de Canal Plus.

Nous lui avions parlé de l’histoire du concert, de la renommé de certains artistes et de l’ambiance qui devait avoir lieu à cet évènement « unique à Paris ». Très intéressée, elle acceptait d’assister à une des répétitions. Conquise, elle nous proposait de participer à la dernière émission de l’année :  une occasion en or pour nous de faire connaître l’évènement et pour elle d’apporter un divertissement dans l’esprit de noël. Quelle belle opportunité, n’est-ce pas ?

Tout aurait pu très bien se passer si je n’avais pas fait l’erreur de laisser mon client, en qui je n’avais pas vraiment confiance, rencontrer la chroniqueuse sans moi et échanger régulièrement avec elle. 

C’est de cette manière qu’à quelques jours de l’enregistrement de l’émission, celui-ci prenait l’initiative de la contacter pour… annuler notre participation ! Oui, vous avez bien lu ! Il annulait notre participation au Grand Journal, avec l’opportunité de promouvoir le concert devant des milliers de spectateurs, sans m’en parler par avance. Nous étions à un mois du concert…La raison évoquée par celui-ci ? Une des choristes ne pouvais pas être présente. Oui, il lui manquait une choriste ! Je vous laisse imaginer ma grande surprise et ma colère, surtout qu’il ne nous restait qu’un mois avant le concert. Après lui avoir rappelé les délais mais aussi les retombées médiatiques que cela aurait pu nous apporter, je lui ai convaincu de revenir sur cette décision et qu’il était était encore possible de chercher une nouvelle choriste. Malheureusement, malgré nos excuses, la chroniqueuse a refusé de travailler avec nous. 

Avec le recul, je pense qu’il avait paniqué en réalisant soudainement la « grandeur de ses ambitions » et plutôt que de me parler de ses craintes, il se mettait à multiplier la prise de décisions absurdes, au point de ne même plus prendre en compte le calendrier que nous avions validé ensemble. C’est d’ailleurs ainsi que notre collaboration a pris fin après une énième décision sans notre conseil et totalement absurde. Il n’a jamais payé la totalité de ma prestation. Son concert a bien eu lieu mais j’ai eu vent de quelques problèmes techniques et de gestion. Comme je le prévoyais, il n’a pas non plus suivi le calendrier des actions après-évènement et sans grande surprise, son évènement est passé aux oubliettes. 

J’avais 20 ans, j’étais passionnée par mon métier et je faisais au mieux pour gérer de nombreux défis. Je n’avais pas encore une idée précise de ma vision mais je savais déjà que je voulais aider les plus ambitieux. Aucun défi ne me faisais peur bien que je manquais cruellement de confiance en moi. 

Si c’était à refaire, j’aurais probablement pris cette mission à nouveau puisque cela m’a permis de prendre conscience de mes talents mais j’aurais écouté davantage mon intuition…surtout lorsqu’il me disait de ne pas lui donner le numéro de la chroniqueuse de Canal Plus ! On vit et on apprend, n’est-ce pas ? 


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